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Le suivi thérapeutique en dentisterie implantaire

- la clé du succès implantaire à long terme

Interview du Pr. Tord Berglundh, Departement de Parodontie, Académie de Sahlgrenska, Université de Göteborg, Suède

Extrait de la Newsletter Astra Tech - janvier 2010

Professor Tord Berglundh

La réussite d’un traitement implantaire dépend de plusieurs facteurs. Si la technique chirurgicale et la biocompatibilité des composants implantaires sont déterminants pour la cicatrisation après la pose de l’implant, la réussite à long terme d’un traitement implantaire implique la préservation de l’intégration implant/tissus hôtes.
La flore bactérienne au niveau buccal peut provoquer des réactions pathologiques dans les tissus périimplantaires et compromettre l’intégration des tissus. La prévention de la maladie est donc un facteur clépour préserver les tissus de support autour des implants. Pour obtenir des résultats optimaux en dentisterie implantaire, le clinicien doit recourir à des procédures chirurgicales et
prothétiques appropriées mais aussi mettre en oeuvre un suivi hygiénique suffisant, dit le Pr Tord Berglundh, Departement de Parodontie, Académie de Sahlgrenska, Université de Göteborg, Suède.

Quels sont les facteurs les plus importants pour obtenir de bons résultats à long terme ?

- Les prédispositions individuelles du patient. Si un patient a des antécédents sévères de parodontite par exemple, des précautions supplémentaires et une attention accrue au suivi hygiénique doivent être entreprises. Les études démontrent que ces patients ont plus de risques et sont plus nombreux à souffrir de périimplantite, par rapport aux patients sans aucun antécédent de parodontite, ayant des implant(s). Une explication simple est que les facteurs qui causent la parodontite, comme la réponse de l’hôte à la flore microbienne causent aussi la péri-implantite. Il est crucial que le patient comprenne sa responsabilité quant à l’attention à apporter aux restaurations sur implant(s), surtout dans les cas susmentionnés.
- La surface de l’implant est aussi un facteur important. Ce sont les caractéristiques de la surface et non sa rugosité qui sont cruciales. Certaines surfaces sont plus favorables aux bactéries que d’autres. Je pense qu’il est très important de connaître davantage les différentes surfaces pour optimiser l’adaptation biologique aussi à long terme.
- Le dernier facteur que je souhaiterais mentionner est la restauration prothétique. Elle doit être la plus proche des dents naturelles que possible. Du point de vue technique, on a plus de flexibilité pour réaliser des couronnes sur implants que pour réaliser des couronnes sur des dents existantes. Une restauration sur implants remplace àla fois la racine et la couronne par quelques composants qui doivent interagir entre eux et doivent être compatibles avec l’environnement biologique. Il faut tenir compte du profil d’émergence et de la position de la marge de la couronne, ainsi que de la possibilité pour le patient de maintenir une bonne hygiène orale. La solution optimale demeure le pilier sur mesure basé sur la forme finale de la dent.

Quel est le plus important conseil que les dentistes devraient donner aux patients ayant des implants dentaires ?

- Il faut toujours insister sur l’importance de l’hygiène et s’assurer que le patient comprenne que les implants dentaires nécessitent la même attention que les dents naturelles.

Qu’en est-il du protocole de suivi ?

- Le patient devrait avoir un examen clinique minutieux tous les ans. Les radiographies sont importantes, mais elles ne devraient pas être utilisées systématiquement, à cause de l’exposition du patient aux radiations. Je propose la radiographie pour établir un niveau de référence, lorsque la couronne ou le bridge est posé et un an après, quand le processus de cicatrisation est achevé. Les années suivantes elles sont nécessaires seulement s’il y a des indications cliniques, comme le saignement, l’infection, etc.

Est-ce qu’il y a des changements dans la façon d'examiner cliniquement un patient ayant des implants ?

- Oui, au début de la dentisterie implantaire, l’utilité du sondage était mise en doute. Nous savons maintenant que c’est une des méthodes les plus importantes pour l’examen buccal non seulement des dents, mais aussi des implants. Il y a une corrélation forte entre la santé des tissus mous et durs et si on veut éviter la résorption osseuse, il faut faire attention aux changements dans la structure des tissus mous. Les tissus mous sains sont compatibles avec le sondage et ils ne sont pas abîmés si le sondage est fait correctement.
- En situations normales, la restauration sur implant est une excellente solution pour le remplacement d’une dent, conclut le Pr Berglundh.